Posté par Miloud le 24 septembre 2009
C’est le mois de Ramadhan, Didi est sur la paille, il n’a pas touché sa pension. Le six du mois est déjà loin et c’est la troisième journée du mois sacré. Buveur, bravache et coureur c’est vrai mais pas complètement mécréant. Ramadhan est son mois, il se rapproche d’Allah avec toute la ferveur d’un grand croyant ; ce qui ne l’empêche pas de commettre de temps en temps quelques bourdes, histoire d’apporter du piment à sa vie d’oisif. La grande rue, il l’arpente depuis plus d’une heure. Que cherche-t-il ? C’est sûrement quelque gogo qu’il a repéré. Le cadi l’aperçoit, il l’appelle : « Alors Didi qu’est ce qui te turlupine ? Tu es fauché n’est-ce pas ? ».
Lire la suite »
9sept
Posté par Khalil le 8 juin 2009
Salima s’essuya les yeux, soupira doucement et se tourna vers Mohamed: debout devant la fenêtre, il regardait disparaître les arbres dans le brouillard qui montait.
Elle arrangea les quelques feuillets qui dépassaient et posa le tout sur la table du salon.
« Je… » commença-t-elle doucement en se calant dans son fauteuil, « Pourquoi fais-tu tout cela si tu ne veux même pas qu’on lise ce que tu écris ? »
Pendant un long moment, son mari ne bougea pas. Finalement, il remua les mains dans ses poches, fit une moue dubitative et haussa les épaules : « Tu lis bien tout ce que je produis, non ? »
« Oui, je sais, s’écria-t-elle, mais cela n’a aucun sens : tu n’écris tout de même pas que pour moi ! Je t’assure d’ailleurs que je n’ai aucune complaisance : j’ai lu tes dix livres et j’ai eu le temps de juger avec objectivité »
Mohamed sourit doucement : « Objectivité ? Tu es sure ? »
Lire la suite »
6juin
Posté par Khalil le 4 juin 2009
I
Pomme est morte au milieu de décembre.
Louiza était là. Sa mère lui avait demandé de rester auprès de sa petite soeur pendant qu’elle s’occupait du repas.
Ennuyée d’avoir eu à abandonner ses jeux, la grande soeur ruminait son mécontentement. Assise à même le sol à côté du petit matelas de couvertures, elle balançait lentement d’avant en arrière, les mains autour de ses genoux.
Le corps de Pomme irradiait la chaleur et son visage rougeoyait. Quand elle accrochait le regard de son aînée, elle la fixait sans émettre un son.
Parfois, les frissons la faisaient trembler dans un petit râle et, constatant que sa soeur restait près d’elle, un sourire effrayé illuminait ses yeux, comme une prière.
Louiza, émue, lui caressait parfois les cheveux : « Dodo, dodo, petit chaton »
Dans ces instants-là, Pomme fermait les yeux de contentement. Elle semblait s’endormir mais la fièvre l’éperonnait : elle avait soif et le mélange de froid et de chaud la paniquait.
Elle s’en alla au son faible des casseroles qui parvenait de la cuisine. Louiza la regardait s’endormir. La petite sombra avec un sourire timide, les yeux rivés dans ceux de sa grande soeur. Lire la suite »
6juin