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Des paroles de miel certainement. Cependant, Benoît XVI aurait été plus convaincant s’il avait visé toutes les religions au lieu de s’en tenir à une attaque impatiente de l’Islam. Lui qui, en tant que cardinal, s’opposait à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne, aurait pu expliquer de quel(s) Dieu(x) il parlait.
Faisant mine de viser l’islamisme, il emballe l’Islam dans un sac d’ordures en se cachant derrière une citation vieille de six siècles. L’esquive, l’hypocrisie et la feinte sont une tradition papale. Jouant les donneurs de leçons, il se campe en représentant d’une religion impeccable, pleine de douceur et de miséricorde. Son Dieu à lui serait immensément généreux et magnanime, tolérant et sage. Le christianisme s’est longtemps réformé dans la douleur et les résistances des intolérants. Cette supposée douceur vient juste d’être réalisée. L’Histoire des vingt siècles passés est marquée par la "douceur" chrétienne. N’essayant même pas de distinguer l’extrémiste du simple croyant, le Pape, qui est supposé sage et réfléchi, se précipite dans l’amalgame. Il en profite pour essayer de régler son compte au Prophète de l’Islam en lui opposant la douceur de Jésus. Le pape traite ainsi le Prophète de terroriste. Il défendrait sa religion par la violence comme le font aujourd’hui les terroristes islamistes. Il y a comme un problème : l’expansion chrétienne et occidentale ne s’est pas faite avec des fleurs et elle a eu lieu bien après le Prophète. Au lieu de reprendre les clichés et les préjugés occidentaux contre l’islam et en amalgamant un peu trop vite Islam et islamisme, ce Pape aurait dû nous faire le point sur la quantité de sang que son Dieu a répandue sur toute la planète. Ancien membre des jeunesses Hitleriennes, il aurait pu nous rassurer définitivement sur la floraison du nazisme sur le terreau de l’antisémitisme chrétien. Au lieu de remonter jusqu’à Manuel II paleologue, il aurait pu aussi nous expliquer l’attitude courageuse de Pie XII vis a vis du nazisme : "Nous laissons aux pasteurs en fonction sur place le soin d’apprécier si, et dans quelle mesure, le danger de représailles et de pressions, comme d’autres circonstances dues à la longueur et à la psychologie de la guerre, conseillent la réserve - malgré les raisons d’intervention - afin d’éviter des maux plus grands. C’est l’un des motifs pour lesquels nous nous sommes imposés des limites dans nos déclarations." Il aurait pu nous parler de la couleur du sang Rwandais quand l’Eglise s’est vue impliquée dans le génocide par l’action de l’évèque Misago . Nous parler également de la béatification du fasciste croate Stepinac. Nous dire la profondeur de l’amitié qui liait Jean-Paul II à Pinochet massacreur de milliers de chiliens. Nous rappeler que le premier concile excommuniait celui qui partageait un repas avec un juif. Que l’eunuque Origène a fondé le mouvement monastique toujours actif, refuge des criminels et composé de moines ultra violents. Que les franciscains ont repris du service pendant la 2° guerre mondiale comme gardiens, bourreaux et chefs de camp. Que les dominicains étaient avec les franciscains les plus zélés des inquisiteurs. Qu’au nom de Dieu, les indiens ont été sauvagement massacrés. Qu’il nous parle de Cortes, ce bon chrétien. Qu’il nous glisse un mot sur Theodose, brûleur d’apostats et d’hérétiques. Qu’il évoque Saint Théophile le destructeur qui, le premier, condamna un hérétique à brûler vif. Qu’il nous dise quelque chose sur ce cher Saint Augustin et sa Théorie de la guerre juste.
Ou alors qu’il nous dise ce qu’il pense de son prédécesseur Etienne VI qui fit déterrer son prédécesseur à lui, le Pape Formose , dont il fit traîner le cadavre par les pieds et à qui il fit couper trois doigts. Ou du Pape Sergius III qui re-déterra le Pape Formose, le fit habiller de ses vêtements pontificaux et le rejugea puis le décapita et lui coupa encore trois doigts pour le jeter ensuite dans le Tibre comme le fit Etienne VI. Et s’il en appelle à la raison qu’il nous explique la cause du schisme d’Orient : le Pape estimait qu’il fallait un pain sans levain pour l’Eucharistie tandis que le patriarche d’Alexandrie ne voulait rien savoir si le pain ne contenait pas de levain. Affaire d’importance mondiale.  Ce christianisme de la paix, de la non-violence et de la raison, Bush en a fait sa religion convoquée pour justifier son action et le rôle des Etats-Unis. Où était-il ce Pape quand Bush invoquait "la destinée manifeste de l’Amérique" en allant massacrer les Irakiens ? Où était-il en 1999 quand l’Eglise a condamné la distribution de pilules abortives pour les musulmanes victimes de viols commis par les milices serbes ? Où était-il quand le cardinal Maurice Otungo, papable, faisait un autodafé de préservatifs ? En compagnie d’un Imam qui plus est. Dieu n’aime pas le sang. Parole de vampire. |